Face aux mouvements anti-genre, défendre nos droits et celles et ceux qui les défendent

Depuis plusieurs années, les droits des femmes et des personnes LGBTQIA+ font l’objet d’attaques de plus en plus visibles. En France comme ailleurs, des mouvements dits « anti-genre » et des réseaux conservateurs contestent les avancées obtenues au cours des dernières décennies et cherchent à imposer une vision de la société fondée sur une conception étroite, binaire et traditionnelle de la famille, des identités et des rôles sociaux.

Ces offensives ne sont pas seulement idéologiques. Elles ont des conséquences bien réelles sur nos vies, sur nos droits et sur la capacité des associations à agir.

Des attaques qui ne sont plus isolées

Derrière le discours sur la prétendue « idéologie du genre », ce sont des droits fondamentaux qui sont remis en question : l’accès à l’information et à l’éducation à la vie affective et sexuelle, les droits des femmes, l’accès à l’IVG, les droits des personnes trans et LGBTQIA+, ou encore la possibilité pour chacune et chacun de vivre librement son identité et sa vie affective.

Ces mouvements s’attaquent également aux associations qui défendent ces droits.

Sur le terrain, les structures féministes et LGBTQIA+ font face à des campagnes de dénigrement, à des intimidations, à des menaces et parfois à des actes de violence. En ligne, les attaques se multiplient, alimentées par la diffusion de fausses informations et de discours haineux.

Les jeunes sont particulièrement ciblés par cette désinformation, notamment sur les réseaux sociaux, où les discours masculinistes et anti-LGBTQIA+ peuvent se diffuser rapidement.

Pour Amnesty International, ces attaques ne relèvent plus de faits isolés. Elles s’inscrivent dans une offensive structurée qui vise à affaiblir les droits des femmes et des personnes LGBTI+, mais aussi les organisations qui les défendent.

La France n’est pas à l’abri

Nous pourrions être tentés de penser que ces offensives concernent uniquement d’autres pays. Ce serait une erreur.

La France est elle aussi concernée par la montée de ces mouvements et par les attaques visant les associations engagées pour l’égalité.

Amnesty International alerte notamment sur l’importance des financements consacrés aux mouvements opposés à l’égalité de genre : selon les données citées par l’organisation, la France serait le deuxième pays européen où ces mouvements ont recueilli le plus de fonds, avec 165,7 millions de dollars, derrière la Hongrie.

Dans le même temps, les associations féministes et LGBTQIA+ qui agissent au quotidien pour défendre les droits, accompagner les personnes victimes de discriminations, prévenir les violences, faciliter l’accès aux soins ou lutter contre le VIH et les IST rencontrent de plus en plus de difficultés à financer durablement leurs actions.

Cette situation est préoccupante.

Car lorsqu’une association ferme une permanence, réduit ses horaires ou abandonne une action faute de moyens, ce ne sont pas seulement des lignes budgétaires qui disparaissent : ce sont des personnes qui perdent un lieu d’accueil, une écoute, une orientation, un accompagnement ou un accès à leurs droits.

Défendre les associations, c’est défendre les droits humains

Les associations féministes et LGBTQIA+ ne sont pas des organisations « communautaristes » qui défendraient des intérêts particuliers.

Elles sont des actrices de la démocratie et des droits humains.

Elles accueillent les victimes de violences. Elles accompagnent les personnes discriminées. Elles contribuent à l’accès aux soins et à la prévention. Elles interviennent auprès des jeunes. Elles soutiennent les personnes précaires ou sans logement. Elles forment des professionnel·les. Elles alertent les pouvoirs publics lorsque les droits fondamentaux sont menacés.

Au Centre LGBTQIA+ Côte d’Azur, nous savons combien ces missions sont essentielles.

Chaque jour, nos équipes et nos bénévoles accueillent des personnes qui viennent chercher une écoute, une information ou un accompagnement. Nous accompagnons des personnes victimes de LGBTphobies, des jeunes rejetés par leur famille, des personnes trans dans leurs parcours, des personnes en demande d’asile ayant fui des persécutions, ou encore des personnes confrontées à des difficultés de santé, de précarité ou d’isolement.

Nous savons aussi que notre capacité à agir dépend de la possibilité pour les associations de bénéficier d’un soutien politique et financier durable, mais aussi d’un environnement dans lequel elles peuvent travailler sans subir de menaces ou d’intimidations.

Nous ne devons rien céder

Les droits que nous avons obtenus ne sont jamais définitivement acquis.

L’histoire nous enseigne que les libertés peuvent reculer lorsque nous cessons de les défendre.

Face aux mouvements anti-genre, nous devons donc rester mobilisé·es. Nous devons continuer à informer, à déconstruire les fausses informations, à défendre les personnes LGBTQIA+ et à soutenir celles et ceux qui, chaque jour, font vivre la solidarité et l’égalité.

Nous devons également nous tenir aux côtés des associations féministes et LGBTQIA+ qui sont prises pour cibles.

Parce que lorsqu’une association est intimidée, c’est la liberté associative qui est menacée.

Lorsqu’une structure est privée de moyens au point de devoir renoncer à ses missions, c’est l’accès aux droits qui recule.

Lorsqu’une personne LGBTQIA+ est harcelée parce qu’elle défend nos droits, c’est toute notre communauté qui est attaquée.

Nous ne devons pas nous habituer à ces attaques. Nous ne devons pas les banaliser. Et surtout, nous ne devons pas rester silencieux·ses.

✊ Signez la pétition d’Amnesty International

Amnesty International France a lancé une pétition demandant aux pouvoirs publics de prendre des mesures concrètes pour protéger les associations féministes et LGBTI+.

La pétition appelle notamment le Président de la République à :

  • garantir un soutien politique fort et une protection effective aux organisations qui défendent les droits des femmes et des personnes LGBTI+ ;
  • garantir un financement pérenne aux associations engagées pour ces droits ;
  • lutter activement contre la désinformation sur le genre et les droits des femmes et des personnes LGBTI+.

Au Centre LGBTQIA+ Côte d’Azur, nous partageons pleinement cette conviction : défendre les associations qui défendent les droits humains, c’est défendre la démocratie et l’égalité.

👉 Nous vous invitons à signer la pétition et à la partager autour de vous : lien vers Face aux mouvements anti-genre, protégez les associations féministes et LGBTI+ en France ! – AMNESTY FR

Chaque signature compte. Chaque relais compte. Chaque voix compte.

Parce que nos droits sont le fruit de combats collectifs.

Et parce que face aux offensives qui cherchent à nous diviser et à nous faire reculer, notre meilleure réponse reste la même :la solidarité, la mobilisation et la défense inconditionnelle des droits humains.

Ne laissons personne revenir sur nos droits. Ne laissons personne isoler celles et ceux qui les défendent.

✊ Ensemble, restons mobilisé·es.

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