Faire son coming out, découvrir son identité, construire sa vie d’adulte… Pour beaucoup de jeunes, cette période est synonyme de découvertes et d’émancipation. Pour de nombreux jeunes LGBTQIA+, elle peut malheureusement être aussi celle des violences, du rejet et d’une grande fragilité.
En France, les études menées ces dernières années dressent un constat préoccupant : les jeunes LGBTQIA+ sont davantage exposés aux difficultés de santé mentale, aux discriminations, aux ruptures familiales et à la précarité que le reste de la population. Ces difficultés ne sont pas liées à leur orientation sexuelle ou à leur identité de genre. Elles sont la conséquence des discriminations et des violences qu’ils subissent.
Pour beaucoup de jeunes, la famille représente un espace de protection. Mais ce n’est pas toujours le cas.
Le rejet à la suite d’un coming out ou de l’annonce d’une transition reste une réalité en France. Il peut prendre différentes formes : rupture du dialogue, violences psychologiques, violences physiques, expulsion du domicile ou pression permanente pour cacher son identité.
Selon les travaux de l’Observatoire des vulnérabilités queers de la Fondation Le Refuge, cette rupture familiale constitue souvent le point de départ d’une véritable spirale de précarisation, pouvant conduire au décrochage scolaire, à l’isolement, puis à l’absence de logement.
Grandir dans un environnement où l’on doit constamment cacher qui l’on est, subir des insultes ou craindre le rejet laisse des traces.
Les études montrent que les personnes LGBTQIA+ présentent davantage de symptômes anxieux et dépressifs que la population générale. Les jeunes trans sont particulièrement exposés.
Le Panorama 2025 de la Fondation Le Refuge rappelle notamment que 34 % des personnes LGBT+ déclarent avoir eu des idées suicidaires au cours de l’année, une proportion qui dépasse 75 % chez les personnes trans interrogées dans cette étude. Le rapport souligne également que 44 % des jeunes accompagnés ont renoncé à consulter un médecin ou un psychologue par crainte d’être discriminés.
Ces chiffres rappellent une évidence : la santé mentale des personnes LGBTQIA+ est aussi une question de droits humains et d’égalité d’accès aux soins.
Les violences commencent souvent très tôt.
À l’école, les insultes LGBTphobes restent fréquentes et participent à un climat d’insécurité pour de nombreux élèves. Selon la Fondation Le Refuge, 71 % des personnes LGBT+ déclarent avoir été victimes de harcèlement scolaire, avec des conséquences importantes sur la réussite éducative : parmi les jeunes accompagnés par la Fondation, près d’une personne sur deux évoque un décrochage scolaire.
À l’entrée dans la vie adulte, les difficultés se poursuivent parfois dans l’accès à l’emploi, au logement ou aux soins. Les enquêtes d’opinion montrent d’ailleurs qu’une majorité de Français reconnaît aujourd’hui que les jeunes LGBTQIA+ rencontrent davantage d’obstacles que les autres jeunes dans ces domaines.
Lorsqu’un jeune perd le soutien de sa famille, c’est souvent tout son équilibre qui vacille.
Sans ressources, il devient plus difficile de poursuivre des études, d’accéder à un emploi stable, de financer un logement ou simplement de répondre à ses besoins quotidiens.
La précarité touche également la santé. Certaines personnes renoncent à consulter, retardent un dépistage ou interrompent un suivi psychologique faute de moyens ou par peur d’être mal accueillies. D’autres s’isolent progressivement, ce qui accentue encore les difficultés.
Le logement est souvent la première urgence, mais il n’est jamais le seul besoin.
Les jeunes LGBTQIA+ restent particulièrement concernés par les enjeux de santé sexuelle.
Accéder à une information fiable, connaître les outils de prévention, pouvoir parler librement de sa sexualité avec des professionnel·les formé·es ou réaliser un dépistage sans être jugé constituent des conditions essentielles pour prendre soin de sa santé.
La prévention ne se résume pas à distribuer des préservatifs. Elle consiste aussi à créer des espaces où chacun peut poser ses questions, être écouté et recevoir un accompagnement adapté.
Face à ces réalités, les associations jouent un rôle indispensable.
Elles accueillent, orientent, accompagnent, défendent les droits et recréent du lien social là où il s’est parfois brisé.
Au Centre LGBTQIA+ Côte d’Azur, nous refusons que des jeunes voient leur avenir compromis parce qu’ils ou elles sont lesbiennes, gays, bi, trans, queer ou intersexes.
C’est pourquoi nous avons créé la Maïoun de Cathy, notre dispositif d’hébergement et d’accompagnement destiné aux jeunes de 18 à 30 ans en situation de rupture familiale ou de sans-abrisme en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre.
Au-delà d’un toit, la Maïoun de Cathy offre un accompagnement social individualisé assuré par notre équipe de travailleurs sociaux. L’objectif est de permettre à chaque jeune de retrouver une stabilité, d’accéder à ses droits, de construire un projet professionnel ou de formation, de reprendre confiance en lui ou en elle et de retrouver une véritable autonomie.
Parce qu’aucun jeune ne devrait avoir à choisir entre être lui-même et avoir un endroit où vivre.
Pour en savoir plus sur la Maïoun de Cathy ou solliciter un accompagnement, n’hésitez pas à contacter le Centre LGBTQIA+ Côte d’Azur. Ensemble, nous pouvons faire en sorte que l’exclusion ne soit jamais une fatalité.